Vous entrez la base que vous avez sous les yeux et le nombre de couverts visé, l’outil recalcule chaque proportion. Il signale aussi les cas où la mise à l’échelle cesse d’être une simple multiplication, ce qui arrive vite sur une émulsion et plus tard sur une réduction.
L’essentiel
- Tripler une base triple les masses mais pas la surface d’échange, et c’est elle qui commande le comportement.
- Sur une émulsion, l’écart de température entre le bord et le centre se creuse plus vite que le fouet ne l’efface.
- Sur une réduction, un temps recopié depuis la petite version laisse une sauce trop liquide.
- Le nombre de jaunes n’est pas arrondi, parce que l’arrondi n’est pas neutre.
Périmètre Pour qui a une base de sauce et doit servir un autre nombre de couverts. L’outil ne donne aucun temps de conduite et aucune température ; les mécanismes de rupture sont développés dans le dossier Sauces de bistrot.
Votre base de départ
Béarnaise pour 4 couverts
Les proportions ci-dessous correspondent aux valeurs affichées dans le formulaire. Remplacez-les par celles de votre propre base et relancez.
| Élément | Base de départ | Recalculé |
|---|---|---|
| Jaunes d'œuf | 3 | 3,0 |
| Beurre / corps gras | 200 g | 200 g |
| Liquide / réduction | 60 ml | 60 ml |
Ce que cette sauce est. Réduction vinaigrée à l'échalote et à l'estragon, jaunes d'œuf, beurre monté. Émulsion chaude. Elle vit dans une fenêtre de température étroite : trop chaud, le jaune coagule et la sauce grène ; trop froid, le beurre fige et la sauce reste lourde.
Statut des repères. Le recalcul des proportions est une multiplication exacte : il est juste quelles que soient les valeurs que vous entrez, et c'est vous qui fournissez la base. En revanche, les seuils au-delà desquels l'outil vous avertit — facteur 3 pour une émulsion, facteur 2 pour une réduction — sont des arbitrages de ce site et non des mesures. Les fenêtres de température des émulsions ne sont pas affichées ici : elles ne le seront qu'une fois adossées à une source publiée, liée et datée.
Pourquoi une sauce ne se multiplie pas comme une liste de courses
Additionner des ingrédients est une opération linéaire. Conduire une préparation ne l'est pas, et c'est l'écart entre les deux qui fait rater les sauces multipliées. Quand vous triplez une base, vous triplez les masses, mais vous ne triplez ni la surface de la casserole, ni la surface de contact avec la source de chaleur, ni la vitesse à laquelle la chaleur atteint le centre du volume. Trois des paramètres qui décident du résultat ont changé de rapport entre eux.
Sur une émulsion, cela se traduit par un phénomène précis : les bords montent en température nettement plus vite que le centre. Sur un petit volume, le fouet homogénéise plus vite que l'écart ne se creuse, et le problème n'existe pas. Sur un grand volume, l'écart gagne, et une partie de la sauce passe le seuil de coagulation pendant que l'autre est encore froide. Le résultat visible est une sauce qui grène par endroits sans raison apparente.
Sur une réduction, l'effet est inverse mais du même ordre. Doubler le liquide dans la même casserole ne double pas la surface d'évaporation ; le temps nécessaire pour atteindre la même concentration s'allonge plus que proportionnellement, et un temps recopié depuis la petite version laisse une sauce trop liquide. Ceux qui compensent en montant le feu obtiennent autre chose : une réduction rapide sur les bords, avec des arômes cuits deux fois.
Ce que l'outil fait, et ce qu'il vous laisse
Il fait l'arithmétique, et il la fait sur votre base. C'est une décision de conception : l'outil ne vous impose aucune recette de départ, il vous demande celle que vous avez sous les yeux. Cela évite d'affirmer qu'une béarnaise « se fait » avec un nombre donné de jaunes pour une masse donnée de beurre, ce qui varierait selon la source consultée et serait précisément le genre d'affirmation que ce site ne publie pas sans relevé.
Il vous laisse en revanche la conduite. Aucun temps n'est recalculé, aucune température n'est affichée, aucun geste n'est prescrit. Ce n'est pas une lacune : ce sont les variables que l'outil ne peut pas connaître, et lui faire produire un chiffre à leur place reviendrait à fabriquer une précision qui n'existe pas.
Les trois familles, et ce qui les distingue à l'échelle
Les émulsions chaudes — béarnaise, hollandaise — sont les plus sensibles. Elles tiennent par un équilibre entre une phase grasse, une phase aqueuse et un émulsifiant, et cet équilibre dépend de la température. Ce sont elles qui justifient à elles seules l'existence d'un avertissement d'échelle dans cet outil.
Les réductions — sauce au poivre, échalote au vin rouge — supportent mieux la montée en volume, mais leur temps de conduite cesse d'être transposable. Elles se pilotent sur la consistance obtenue, et le chiffre que l'outil vous donne ne concerne que les quantités de départ.
Les préparations froides — un beurre composé, par exemple — se mettent à l'échelle sans réserve. Il n'y a ni émulsion thermique à tenir, ni évaporation à conduire : la multiplication suffit, et c'est la seule famille pour laquelle cet outil donne un résultat complet.
Combien de temps une sauce montée aux jaunes se garde-t-elle ?
C'est la seule question de cette page dont la réponse est publique et chiffrée, et elle ne relève pas du goût. Les préparations non cuites à base d'œufs — mayonnaise, crèmes, mousse au chocolat — se consomment peu après leur préparation, ou se conservent au froid et se consomment dans les 24 heures. ANSES — qu’est-ce que la salmonellose et comment s’en prémunir — consulté le 14 septembre 2026 (HTTP 200)
Cette règle vise les préparations non cuites. Une béarnaise ou une hollandaise sont montées à chaud, mais sans jamais atteindre une température de cuisson complète du jaune : elles se traitent avec la même prudence. Le réfrigérateur doit par ailleurs être maintenu entre 0 et +4 °C, et au-delà de deux heures hors du froid après la préparation, le risque de multiplication microbienne augmente. ANSES — en cuisine, le meilleur ingrédient c’est l’hygiène — consulté le 14 septembre 2026 (HTTP 200)
La conséquence pratique sur la mise à l'échelle est directe, et elle va à l'encontre du réflexe. Doubler une base pour « en avoir d'avance » est précisément ce qu'il ne faut pas faire sur une émulsion aux jaunes : ce qui reste ne se garde pas comme une réduction, et se réchauffe encore moins bien. Deux bases faites à deux moments valent mieux qu'une grande faite à l'avance.
Une remarque sur les œufs
Le recalcul peut vous rendre un nombre de jaunes non entier, par exemple deux virgule trois. L'outil ne l'arrondit pas à votre place, parce que l'arrondi n'est pas neutre : arrondir vers le haut charge l'émulsion, vers le bas l'allège, et le bon choix dépend de ce que vous cherchez. Sachez seulement qu'un jaune de plus ou de moins pèse beaucoup plus lourd sur une base de trois que sur une base de douze.
Questions sur cet outil
Pourquoi dois-je entrer ma propre base plutôt que de choisir une recette ?
Parce que publier une composition de départ reviendrait à affirmer qu'une sauce « se fait » avec des proportions données. Ce site ne publie pas ce genre d'affirmation sans relevé daté des versions publiées. L'outil prend donc la base que vous avez sous les yeux et se charge de l'arithmétique.
D'où viennent les seuils de facteur 3 et de facteur 2 ?
Ce sont des arbitrages de ce site, et l'outil le dit sous le tableau. Ils indiquent l'ordre de grandeur à partir duquel la mise à l'échelle cesse d'être fiable, ils ne sont pas des valeurs mesurées. Les fenêtres de température, elles, ne sont pas affichées du tout tant qu'elles ne sont pas sourcées.
Pourquoi le nombre de jaunes n'est-il pas arrondi ?
Parce que l'arrondi n'est pas neutre : vers le haut il charge l'émulsion, vers le bas il l'allège, et le bon choix dépend de ce que vous visez. L'écart compte d'autant plus que la base est petite.
Le convertisseur donne-t-il des temps de cuisson ?
Non, et c'est délibéré. Le temps de conduite dépend de la casserole, de la source de chaleur et du volume, trois variables que l'outil ne connaît pas. Recalculer un temps depuis la base de départ produirait un chiffre faux avec l'apparence de la précision.
Nos sources primaires de référence
- INAO — cahier des charges AOC Sancerre (Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture, HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — cahier des charges AOC Beaujolais (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — cahier des charges AOC Côtes du Rhône (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — fiche AOP Sancerre blanc (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — fiche AOP Comté (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — fiche AOP Roquefort (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INAO — fiche IGP Rillettes de Tours (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INTERBEV — conseils de cuisson de la viande de bœuf (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- INTERBEV — l’onglet de bœuf (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- ANSES — en cuisine, le meilleur ingrédient c’est l’hygiène (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- ANSES — qu’est-ce que la salmonellose et comment s’en prémunir (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- Ministère de l’Agriculture — la chaîne du froid (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- Règlement (UE) 2017/2158 — acrylamide (accès direct HTTP 202 à corps vide le 14/09/2026, à vérifier au navigateur)consultée le 14 septembre 2026
- service-public.fr — droit d’auteur (HTTP 200)consultée le 14 septembre 2026
- Légifrance — Code de la propriété intellectuelle (accès direct HTTP 403 le 14/09/2026, à vérifier au navigateur)consultée le 14 septembre 2026
